30.01.2010

L'industrialisation de la rétention et de l'expulsion des migrants

L'enfermement des étrangers se systématise, je dirais meme s’industrialise :

  • Banalisation et multiplication des centres de rétention
  • Directive retour autorisant les états Européens à interner de plus en plus longtemps
  • Chasse aux sans papiers, contrôles au faciès
  • Expulsions en série, y compris d'Afghans renvoyés dans leur pays en guerre, ou de marocains en train de rentrer chez eux
  • Pourquoi le droit d'asile est-il tant bafoué que les préfets doivent être rappélés l'ordre ?

Vendredi, j'étais avec Jérôme Martinez, responsable de la Cimade en Ile de France, pour parler de tout ça. Et aussi du rôle de la Cimade qui est un acteur majeur et donc un observateur privilègié, le seul jusqu'à là à être autorisé à entrer dans les centres de rétention afin d'aider les sans papiers. C'est bien cela qui ennuie les autorités.

Ce contre pouvoir constitue un grain de sable qui gène le gouvernement dans le déploiement de sa noble cause...

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09.01.2010

Postcapitalisme : comment penser l'après ?

On parle de crise financière, de crise économique, de crise environnementale. Quel niveau de remise en question ces crises entrainent-elle ? S'agit-il de réformer le système actuel ? S'agit-il simplement d'humaniser et de moraliser un capitalisme qui se veut indépassable ? S'il s'agit d'une remise en question plus profonde, quelle alternative ? Comment penser le changement ?

 C'est donc une double question majeure qu'aborde ce ouvrage sur le dépassement du capitalisme : quel processus de transformation ? Et vers quel modèle aller ?

Pour y répondre, j'ai eu le plaisir de recevoir Clémentine Autain, coordinatrice de cet ouvrage collectif et figure emblématique de la gauche radicale.

L'ouvrage (aussi bien que notre entretien) est passionnant, riche, et varié car, à la hauteur de la question posée, les problèmes ne peuvent plus être pensés séparément, les différentes contributions abordent les champs économiques, financiers, le travail, l'organisation sociale, l'environnement, l'agriculture, la culture, les rapports nord-sud, le commerce, l'immigration ...

Ce qui apporte beaucoup à ce livre c'est l'approche pluridisciplinaire : des économistes bien sûr, comme Thomas Coutrot, Michel Husson, Jacques Généreux, mais aussi des philosophes (Michel Onfray, Isabelle Stengers, ...), des historiens (Roger Martelli) et bien d'autres, ont participé.

Ce fut donc l'occasion de d'aborder les thèmes suivants avec Clémentine :

  1. le constat : quel est le niveau de remise en question de l'ordre actuel qui est induit par les crises écologqiues et financières ?
  2. les alternatives : pourquoi les modèle connus ne sont pas directement applicables ?
  3. comment inventer le futur, avec quelles forces
  4. le processus de transformation (dépassement du capitalisme, plus que réforme ou révolution)

Je vous le dis tout de suite, nous ne sommes pas en route vers la révolution en tout cas pas le grand soir ni vers une abolition pure et simple du capitalisme, ça serait trop simple mais vers une 3eme voix : celle du dépassement du capitalisme !

Les auteurs ont des points de vue différents, ce livre n'est pas là pour offrir un programme, il définit des objectifs, pose les termes de l'alternative, donne des pistes.

En tout cas, la plupart des auteurs se rejoignent sur un point : la recherche de modèles théoriques alternatifs est vaine, on a pas besoin de nouveaux dogmes, encore moins de ressortir les anciens. L'important c'est le processus de transformation. Celui nécessite une nouvelle positivité de la gauche radicale, positivité qui va de pair avec un nouvel élan, une joie, une jouissance, un hédonisme cher à M Onfray.

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03.01.2010

Les dessous (pas très sexy) de la grippe A

vaccination grippe A.jpgLa grippe A n'en finit pas de défrayer la chronique, après des prévisions alarmantes revues à la baisse, des centres de vaccination d'abord vides puis bourrés à craquer et finalement vides, des stocks de vaccins qui se revendent à l'étranger ...

Au dela du débat sur le bienfondé de cette campagne de vaccination et sur l'adéquation des moyens mis en œuvre, quelles leçons tirer de ce feuilleton qui n'est pas terminé ?

Comme nous l'a brillament démontré Elena Pasca, philosophe, éminente bloggeuse et surtout membre du conseil d'administration de la Fondation Sciences Citoyennes, la gestion de ce dossier de santé mais aussi politique & médiatique est à de nombreux titres révélatrice ...

Mais révélatrice de quoi ?

De l'instrumentalisation de la santé publique pour résorber une partie des difficultés financières de ces laboratoires pharmaceutiques

De l'attitude du gouvernement : Sauver les brebis, c'est la meilleure façon de s'assurer leur dévotion

De ce qu'Elena Pasca appelle le « pharmacommerce de la peur » !

Et surtout révélatrice des conflits d'intérêt collosaux qui déterminent (bien plus que le bon sens) les politiques de santé publiques.

Petit exemple de conflit d'intérêt : la révélation des liens étroits entre le Professeur Bruno Lina, responsable du Groupe d'Expertise et d'Information sur la Grippe (GEIG - le groupe d'expert qui conseil le ministère de la santé) et l'industrie pharmaceutique. Et ce n'est qu'un petit exemple parmi d'autres ...

Malheureusement je n'ai pas l'enregistrement de l'émission avec Elena Pasca. Par contre je vous conseille vivement le blog d'Elena, c'est édifiant, très bien documenté. Au delà du "plaisir" de s'indigner, qui finalement est stérile, cela permet de comprendre et de mieux juger.

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