25.11.2006
Sommes nous réellement condamnés à revoir l'assurance maladie à la baisse ?
Jeudi 30 Novembre, j'ai reçu Bernard Teper, coordinateur de la commission Santé, d'Attac, animateur des Etats-généraux de la santé et de l'assurance maladie, et président de l'Union des Familles Laïques. Au programme : le financement de l'assurance maladie :
- La situation actuelle
- La manière dont nous y faisons face actuellement
- N'y aurait-il pas d'autres manières d'aborder le problème ?
- Des propositions pour le financement
Ecouter l'émission - 1ère partie

2ème partie

Les explications de Bernard Teper sont limpides.
Le constat de départ : un trou de la sécu, toutes branches confondues, de 10 à 15 Milliards d'euros par an. Ce déficit s'explique notamment par l'allongement de la durée de vie, le développement de traitements technologiques et couteux.
Actuellement, la façon de faire face à cette situation est toujours la même : c'est l'assuré qui paie (diminution des remboursements, augmentation des listes de médicaments non remboursés, ...). Ainsi les remboursements sont de plus en plus assurés par les assurances complémentaires et de moins en moins par la sécu. Cette situation équivaut à une remise en question complète du principe de solidarité : chacun paie selon ses moyens et bénéficie selon ses besoins. Au contraire, notre système de soin devient de plus en plus inégalitaire :
- discrimination par rapport au pouvoir d'achat : il faut pouvoir se payer une bonne complémentaire pour être bien soigné et bien remboursé
- discrimination par rapport à sa santé : les personnes malades ou agées sont considérées par les assurances privées comme des populations à risques et donc le montant des cotisations est supérieur pour ces personnes.
De fait, on assiste à une privatisation progressive de l'assurance maladie, imposée à coup de matraquage idéologique : "la france n'a plus les moyens". Est-ce réellement le cas ?
Les richesses produite par le pays (mesurées par le PIB) augmentent et sont bien supérieures à ce qu'elles étaient il y a 30 ans. Pourtant, ces richesses vont de plus en plus aux revenus financiers et de moins en moins aux revenus du travail. Depuis 25 ans, 10% du PIB (environ 170 milliards d'euros par an) ne vont plus aux salaires mais aux profits (intérêts financiers, dividendes). Or les cotisations sociales sont bien sûr indexées sur les salaires. En résumé : on a largement les moyens de mieux financer la protection sociale, mais est-ce réellement une priorité !
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Les Etats-Généraux de la santé et de l'assurance maladie
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16:10 Publié dans Social, Santé | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Santé, cotisations sociales, assurance maladie, sécurité sociale, états-généraux















Commentaires
Voici une proposition difficile mais pragmatique. L'auteur des émissions a souvent développé le thème de la fracture générationnelle : la génération d'après guerre a bénéficié du plein emploi, des cotisations basses, de l'allongement de la vie ET d'une médecine qu'elle n'imaginait pas pouvoir s'offrir au moment où elle travaillait et cotisait et dont elle jouit aujourd'hui.
Côté dépenses, les plus importantes proviennent des hôpitaux. Les six derniers mois de la vie, un concitoyen dépense autant en santé que tout au long de sa longue vie. Et enfin, sept Français sur dix décèdent à l'hôpital.
La proposition est donc la suivante : ne pas rembourser les frais de santé pour des soins dispensés dans les six derniers mois de la vie d'une personne, lorsque le patrimoine du défunt le permet. Par ailleurs, cette mesure devrait refroidir les enfants qui abandonnent leurs vieux parents en maisons payées par la collectivité.
Ecrit par : Christelle de Crémiers | 04.12.2006
Voilà une proposition pour le moins cocasse ! Il fallait y penser ! Cela aurait peut être l'avantage de resserer les liens entre générations et donc de remettre la solidarité inter-générationnelle au gout du jour. On en a bien besoin : la génération qui a 20-35 ans actuellement est victime du plus grand hold up de l'histoire de la part de ses parents et pour ce venger, achève de détruire la planète qu'elle va léguer à ses enfants ...
Bon ceci dit, comme Bernard Teper, je pense qu'il faut certes rationaliser les dépenses mais qu'avant tout, on doit utiliser les richesses - que nous avons - pour ne pas diminuer la protection sociale, garante de nos droits fondamentaux.
Ecrit par : Michoko | 05.12.2006
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