03.02.2008
Traité Européen : et il est où le référendum ?
Cette histoire du traité Européen, c'est vraiment une saga difficile à suivre...
Et pourtant la journée du 4 Février sera clé. A cette date, le Congrès des parlementaires se réunit à Versailles pour voter la modification de la Constitution Française nécessaire pour que le nouveau traité européen puisse être ratifié par la France.
Jeudi, j'étais avec Fédéric Viale, Juriste, Spécialiste des questions Européennes à Attac. Nous avons tenté de répondre à quelques questions que vous vous posez peut être :
1. Le traité doit-il être absolument ratifié par référendum?
2. L'enjeu de l’assemblée de Versailles ?
3. Le traité doit - il être ratifié tout court ?
4. Le Contenu du traité
5. Les mobilisations
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Collectif National pour un Référendum
15:45 Publié dans Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : TCE, Europe, Traité simplifié, Traité de Lisbonne, Traité Européen
















Commentaires
Bonjour Michel,
C'est avec plaisir que je retrouve ton émission après avoir abandonné la chronique il y a quelques mois. En plus sur un sujet qui a déjà donné lieu à de nombreux débats entre nous.
Tu ne t'étonneras pas que nous ne soyons pas tout à fait d'accord sur le fond de ta dernière émission. J'ai certes regretté l'absence de contrepoids dans l'argumentation et surtout la présentation quelque peu caricaturale des arguments du oui, présentés en une phrase pour être immédiatement réfutée pendant 10 minutes. Mais une émission militante n'est pas faite pour défendre les points de vue opposés. C'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé en t'écoutant certains mythes du non.
Nous ne sommes pas d'accord sur le sort à réserver à ce traité, et sur le rôle à donner à la démocratie représentative.
Nous sommes heureusement convaincu que l'élection d'un président de la république au suffrage universel ne lui donne pas carte blanche pour 5 ans sur l'ensemble des politiques. Nous sommes probablement d'accord sur le fait qu'un vote par referendum ne devrait pas être modifié au Parlement sans repasser devant le peuple (mais la représentation nationale n'était-elle pas dès le début suffisamment légitime pour se prononcer).
Au-delà du Traité (qu'il soit signé à Rome ou à Lisbonne), le véritable problème ne réside à mes yeux pas dans l'insuffisance de débat, mais dans l'absence d'éducation politique des gens. Combien d'absurdité entend-on de part et d'autres ? Combien de gens ont voté en réelle connaissance de cause en 2005 (pour le oui comme pour le non) ? Voilà peut-être le véritable enjeu : donner les clés au peuple pour lui permettre de se décider autrement qu'en faisant confiance aveuglément à certains leaders plus ou moins charismatiques et plus ou moins renseignés.
Pardon pour ce commentaire un peu long, mais le sujet est une source de débats infinis.
Je t'encourage à faire vivre le débat sur le blog du PS Sciences Po (ou tu trouveras ce soir ou demain le post d'une camarade qui milite activement pour la tenue d'un referendum).
Ecrit par : MaxP | 04.02.2008
Cher Max,
C’est avec joie que j’ai trouvé ton commentaire ! Un tel débat est un plaisir lorsqu’on n’est pas d’accord (ce qui est notre cas, on est au moins d’accord là-dessus !) mais qu’on respecte les positions de l’autre !
Tu as effectivement compris qu’il ne s’agit pas dans cette émission d’exposer les différents points de vue, on entend suffisamment certains …
Oui nous serons d’accord sur la légitimité du référendum. La représentation nationale aurait pu être légitime en 2005, dis-tu, mais comme le note justement Sophie Benasiak dans sa judicieuse analyse, on ne peut pas dire qu’on ait trop impliqué les peuples dans la construction Européenne jusqu'à présent. Un processus constituant (ou quelquechose qui y ressemble) incluant les peuples Européens ne serait pas de trop. On ne peut donc pas regretter le référendum initial (ce que je sens poindre derrière tes propos …), sinon, cela revient à se placer du coté des élites qui « savent » par opposition au peuple qui ne peut pas comprendre, attitude que déplore à juste titre S Benasiak.
Tout ceci renvoie effectivement à la question de la démocratie participative sur lequel nous ne sommes pas d’accord. « Combien d'absurdités entend-on de part et d'autres ? » déplores-tu ! Je trouve pour ma part que le débat de Mai 2005 a été d’une qualité exceptionnelle vu la complexité du texte et l’implication des gens. N’exigeons donc pas de chaque Français qu’il ait la compréhension politique d’un Science-Po ! Le fond du problème est que les Français veulent une Europe proche d’eux (ce qui nécessite qu’ils soient partie prenante du processus de construction) et une Europe qui ne soit pas uniquement un accélérateur d’ultra-libéralisme … Même si les arguments sont parfois maladroits, ce n’est pas illégitime.
Quand à la démocratie représentative, plus les gens seront impliqués, plus ils seront pertinents. Ce serait une erreur de croire que la politique doit être une affaire de spécialiste ! A cet égard il est très intéressant de garder un œil sur ce qu’il se passe au Venezuela et en Bolivie. Ils sont en train de nous prouver que tout ce en quoi nous renonçons est possible :
- démocratie participative avec les conseils populaires, implication des populations indiennes, etc.
- refus de l'omni-présence des lois du marché (coopératives, …)
- un autre modèle d’intégration régionale (ALBA)
Pour nous Européens, tout ceci est très subversif, on comprend qu’il soit urgent de discréditer Chavez en le taxant de populiste, de dictateur, voire pire …
Amérique Latine : c’est là-bas que ça se passe, on gagnerait à y regarder de plus près !!
http://autrement.blogspirit.com/amerique_latine/
Amicalement,
Ecrit par : Michoko | 06.02.2008
Le débat est en effet toujours intéressant tant qu'il reste respectueux. Celui là dure d'ailleurs depuis plus de 2 ans et il va probablement falloir conclure qu'on ne peut pas s'accorder sur tout, notamment les modalités d'exercice de la démocratie directe (c'est bien là-dessus et non sur son existence que nos avis divergent) et sur la méthode de la construction européenne (là encore nos objectifs sont probablement plus proches qu'on ne le croit).
Je tiens tout de même à souligner que je ne soutiens pas l'installation d'un gouvernement des élites. Il est nécessaire d'associer les citoyens aux grandes orientations des politiques publiques (et non pas aux décisions techniques relevant logiquement des techniciens). Si je ne crois pas aux Lumières universelles du peuple souverain, je m'oppose à ce qu'on lui vole cette souveraineté. Mais nous débattrons probablement encore quelques centaines de fois de la limite entre orientations et décisions techniques.
Je salue au passage ton utilisation astucieuse des techniques de marketing en me proposant d'approfondir le débat après lecture d'autres posts liés. Heureusement que tu n'es pas en monopole sinon j'aurai l'impression qu'on m'oblige de nouveau à utiliser Internet Explorer.
A bientôt pour commenter (avec plaisir) une prochaine émission.
Ecrit par : MaxP | 07.02.2008
Argl je suis pris ! Moi qui combats les dérives de la marchandisation, l'omniprésence de la pub et la réduction de nos personnes à notre statut de consommateur, ne voilà t'il pas que MaxP me fait remarquer que je suis en train de faire du cross-selling sans même m'en rendre compte ...
Ecrit par : Michoko | 09.02.2008
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