19.09.2009

Mais où va la Poste ?

Le 29 juillet 2009 le conseil des ministres a examiné le projet de loi concernant le changement de statut de La Poste. Ce projet sera débattu en octobre au Sénat, puis en novembre à l’Assemblée nationale.

Pour en parler, j'étais jeudi dernier avec 2 spécialistes du sujet :

- Nicolas GALEPIDES, SUD PTT, membre du conseil d'administration de la poste

- et Frédéric VIALE, Juriste, spécialiste des services public et du commerce international, membre du conseil d’administration d’Attac

Nous avons abordé les questions suivantes : où en est-on ? Quel impact sur la qualité du service ? sur les conditions de travail ? sur le statut des fonctionnaires ? sur l’évolution des rapports humains au sein de la Poste ? Quelles sont les raisons de cette privatisation : les raisons officielles et surtout officieuses ...

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Participer à la mobilisation et au référendum du 3 octobre : Appel Pour la Poste.

Prochaine émission : vendredi 2 Octobre. Attention, à partir de cette date mes émissions passent au vendredi de 8h à 9h.

 

07.07.2007

Mainmise sur les services : Europe - Amérique du Nord, même combat

89461e1537b454101205f8637c4c70f1.jpgL'ouverture du marché des services, la mise en concurrence des fournisseurs de services et accessoirement la destruction des services publics, se fait doucement mais surement, à peu près partout (au nord comme au sud), de manière systématique, dans l'ensemble des secteurs (energie, éducation, santé, etc.) et sous la houlette de nombreuses institutions internationales (OMC, FMI mais aussi Union Européenne, ZLEA, ...).

Comment analyser ce phénomène ? Comment y faire face ? Quelles luttes ? C'est l'objet du livre "Mainmise sur les Services" de Claude Vaillancourt, et du débat que nous avons eu, jeudi 28 Juin avec l'auteur (professeur de litterature dans une université de Montréal, auteur de plusieurs romans et essais) et Frédéric Viale, juriste, responsable de la commission échanges internationaux d'Attac-France.

Un débat, riche, (pas très contradictoire, certes !) mais qui nous a permis de confronter les politiques de libéralisation en Europe et en Amérique du Nord (conclusion : c'est le même rouleau compresseur, avec des variantes mineures).

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27750136e2d96601a0390f7557252892.jpg- Les mécanismes : ils sont incroyablement complexes, opaques, enchevétrés (OMC, AGCS, FMI, Accords sur les Marches Publics, Partenariats Public-Privé, Accords régionaux, ...) mais relèvent d'une même idéologie, finalement assez simple et qui peut se résumer en un mot : le marché.
- Le mode d’emploi : ça se passe souvent de la même manière et ça commence par la vulnérabilisation du service public pour ensuite démontrer que les acteurs privés sont efficaces (les sauveurs !).
- Quelques exemples : 3 grands secteurs que l’on pourrait croire a priori épargnés : Santé, Education, Culture.
- Les luttes : les mobilisations lors des sommets de l'OMC, les zones hors-AGCS

En savoir plus ...
Mainmise sur les services, Privatisation, déréglementation et autres stratagèmes. Claude Vaillancourt. Editions Ecosociété, 2007. (Peut se commander à la librairie du Québec)

10.04.2007

Libéralisation du marché de l’électricité : on va dans le mur, mais on y va gaiement

medium_elec5.2.jpgJeudi 5 Avril, Florence et moi avons reçu Anne Debrégeas, chercheur au centre de recherche d’EDF et déléguée syndicale de SUD-énergie, pour analyser le processus de libéralisation du marché de l’électricité, en cours en France depuis une petite décennie.

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Anne Débrégeas, qui maîtrise remarquablement ce sujet complexe, a tranquillement démonté un par un les arguments qui sont habituellement avancés pour justifier l’injustifiable :

Le prix : il a augmenté de plus de 50% en 1 ou 2 ans dans tous les pays Européens qui ont libéralisé, de même qu’aux Etats-Unis. En France, le prix du marché a plus que doublé depuis le début de la libéralisation.
L’égalité d’accès au service : elle est bien sûr mise à mal avec la suppression progressive du principe de péréquation.
L’optimisation du système : l’équilibrage en temps réel entre production et consommation nécessite des procédés d’une complexité telle, qu’il ne peut se faire qu’en combinant des systèmes complémentaires (hydrauliques, nucléaires, charbon, gaz, éoliens et solaires à l’avenir, …) en toute concertation, et non des systèmes concurrents.
L’efficacité : ces fainéants de fonctionnaires n’étaient pas si inefficaces que ça, puisque depuis la privatisation, le nombre de coupures d’électricité explose, le service se dégrade, le nombre d’agences diminue.
Le défi des énergies renouvelables : avec des budgets de recherche en baisse de 30%, c’est pas gagné, …
Le nucléaire et la sécurité : appel massif à des sous-traitants moins formés, réduction des budgets et des conditions de travail, suicides en série dans les centrales, …

medium_elec4.jpgConclusion : le démantèlement pur et simple d’un pan entier de notre économie, stratégique à plus d’un titre, dans l’unique but du profit de quelques uns, et comme d’habitude, au détriment de l’intérêt général. Car ni le dogme du libre-échange, ni l’exemple catastrophique des Etats-Unis ne permettent de justifier cette libéralisation : avec des investissements colossaux et une marchandise (l’électricité) qui ne se stocke pas, la concurrence libre et non faussée, comme on l’aime à Bruxelles ne sera jamais possible.

En savoir plus ...
Une spoliation de la collectivité nationale
Déréglementation de l'énergie : de l'idéologie à la réalité

13.01.2007

Youpi, on va enfin pouvoir choisir notre fournisseur d'électricité !

medium_elec2.jpgCa vous manquait de ne pouvoir choisir votre fournisseur d'électricité, comme vous le faites pour le téléphone, non ? Eh bien vous n'avez plus que quelques mois à attendre ! En Juillet 2007, vous aurez le choix, en tant que particulier, comme c'est déjà le cas pour les industriels et les commerçants.

Comment en est-on arrivé là ? Quels avantages cela va t’il nous apporter ? Cela doit-il aboutir à la privatisation d’EDF ?

Nous avons abordé ces questions Jeudi 18 Janvier, de 9h à 9h30 sur Aligre FM 93.1, avec F Viale, spécialiste des échanges internationaux.
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Petit historique
o En Février 2000 : ouverture du marché de l’électricité en Europe.
o 1ere étape : les industriels peuvent choisir leur fournisseur d’électricité.
o Mars 2000, le conseil Européen appelle à une « accélération de la libéralisation des marchés du gaz et de l’électricité dans l’U.E. ».
o 2004 : 2eme étape : ouverture à tous les professionnels (70% de la conso totale)
o Octobre 2005 : ouverture de 15% du capital d’EDF au public.
o 2007 : 3eme étape : ouverture aux particuliers
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Nous détaillerons les points suivants :
- 2 processus parallèles : libéralisation du marché et privatisation EDF
- Pourquoi ouvrir à la concurrence ? Cela fait-il baisser les prix ? Augmenter l’efficacité ?
- Quel est l’intérêt des monopoles publics ? Pourquoi parle t’on de « monopole naturel » ?
- Pannes d’électricité dans une partie de l’Europe : la libéralisation permet-elle de régler le problème ?
- L'exemple américain
- La directives européenne n’oblige pas à privatiser. Libéralisation entraine t’elle forcément privatisation ?
- Combien EDF vaut-il ?
- L’état va t’il rester majoritaire ?
- La libéralisation va t’elle favoriser une politique énergétique efficace face aux enjeux écologiques ?

Ecoutez l'émission - 1ère partie

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2ème partie

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Quelques pistes pour en savoir plus ...
EDF une privatisation annoncée qui masque une spoliation à venir de la collectivité nationale
Même article avec plus de détails
Déréglementation de l'énergie : de l'idéologie à la réalité
Comprendre l'ouverture du marché de l'énergie en France

24.09.2006

Privatisation de GDF : le gouvernement s’embourbe dans une démarche dogmatique en oubliant les enjeux stratégiques de l’énergie


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Le 7 septembre, le gouvernement a soumis à l’Assemblée nationale un projet de loi pour la privatisation de Gaz de France, dans le but de permettre sa fusion avec l’entreprise Suez. Nous allons essayer aujourd’hui de comprendre les enjeux de cette privatisation.

Une nouvelle illustration de la pré-éminence du marché, au mépris des enjeux énergétiques et écologiques fondamentaux. Voici une belle application des théories sur le libre-échange…

Les données du problème
L’histoire commence en Juin 2004, lorsque la décision d’ouvrir les marchés de l’électricité et du gaz a été prise. Ces services allaient pouvoir être fournis par des sociétés concurrentes.

2ème étape : en Juin 2005, De Villepin, confirme l’entrée en Bourse de GDF, puis d’EDF. L’ouverture du capital d’EDF et de GDF, cela signifie que tout le monde peut acheter des actions. Bien sûr l’état resterait majoritaire afin de contrôler la politique énergétique du pays. Ainsi Nicolas Sarkozy, alors ministre des finances, nous avait rassuré en déclarant : « je le redis avec force : conformément aux engagements du président de la République et du gouvernement, EDF et GDF ne seront pas privatisées. » Déclaration devant l’Assemblée nationale, le 16 juin 2004. Ce qui signifie que l’état restera majoritaire dans le capital de GDF, c’est écrit dans la loi.

Et pourtant, le 25 février 2006, le gouvernement a dévoilé un projet de loi qui supprime l’obligation pour l’Etat de détenir au minimum 70 % du capital de GDF. Celui-ci pourra ramener sa participation à 34 %. Quand la loi dérange, il suffit de la changer, c’est simple … non ?

Je signale au passage que c’est une méthode traditionnelle puisqu’en 96 lors de l’ouverture du capital de France Télécom, MM Fillon et Juppé juraient que l’état resterait majoritaire. Résultat, le 1er Sept 2004, N Sarkozy vendait dans l’indifférence générale les 10% de capital supplémentaires qui faisaient passer l’état minoritaire.

Pourquoi privatiser GDF ?
La privatisation a pour but de permettre la fusion entre GDF et Suez. Pourquoi faire me direz-vous ?
Et bien cette fusion permettrait de protéger le groupe Suez, menacé d’une OPA par le groupe italien ENEL. Le principe est simple : plus on est gros, plus on est difficile à avaler. Autrement dit on privatise GDF pour protéger Suez. Un peu tiré par les cheveux, tout ça…

Le patriotisme économique, on peut se demander si c’est une bonne raison pour privatiser. Parfois on veut plus de marché, parfois on veut au contraire éviter la loi du marché, mais dans tout les cas, ça aboutit au même résultat : la privatisation ! L’Europe ne sait-elle que mettre en concurrence ses membres en exacerbant leur patriotisme ?

Cette privatisation atteindra-t-elle au moins son objectif ?
Pas sûr, selon un dossier du monde diplomatique, « avec cette fusion, c’est l’ensemble Suez - GDF qui vivrait alors sous la menace d’une OPA. » . Quand au prix du gaz, pas sûr du tout qu’il baisse. Cela n’a pas été le cas aux Etats-Unis et la Commission Européenne a déjà annoncé que le gaz n’était pas assez cher en France pour permettre un marché concurrentiel !

Mais au moins, cela crée un grand groupe français de l’énergie
D’après les députés UMP Dominique Paillé et Marc-Philippe Daubresse, « loin de créer un géant du gaz, la fusion n’entraînerait qu’un grossissement de 25 % de GDF ». Cela n’augmentera pas radicalement le poids de GDF sur le marché.

Par contre cela pose un certain nombre de problèmes …
Oui car comme le note Daniel Paul, député PC, les réseaux de distribution ont été amplement subventionnés par les collectivités locales. Avec cette privatisation, elles en sont dépossédées.

Mais si on veut un grand pole énergétique français, pourquoi avoir séparé EDF et GDF ?
Voilà une excellente question. Avec la fusion GDF-Suez, on essaie de re-créer ce qu’on a défait : un grand pole français de l’énergie. Sauf qu’on le veut privé, bien sûr. Mais le groupe GDF-Suez deviendra concurrent de EDF (par le biais d’une filiale de Suez) alors qu’EDF et GDF ont encore des filiales et des clients communs. On apprécie la lisibilité cette politique dans un secteur aussi stratégique...

Si cette fusion GDF-Suez n’est pas une bonne idée, qu’est-ce qu’il faudrait faire ?
Déjà, il faut prendre la mesure des enjeux du secteur de l’énergie : enjeux écologiques, futur pénurie de pétrole, énergies renouvelables, droit d’accès pour tous à l’énergie. Tout ceci nécessite une vision stratégique et une action conjointe d’une multitude d’acteurs. Le chef d’orchestre ne pouvant être que les pouvoirs publics.

Face à ces enjeux, la course à la concurrence, demandée par la commission Européenne est totalement irresponsable ; et contradictoire avec la nécessité d’une transition énergétique et d’investissements à long terme. Il faut donc remettre en question les accords de Barcelone sur la libéralisation du marché Européen de l’énergie. Remplacer la mise en concurrence par la coopération.

De nombreux acteurs syndicaux, associatifs (ex : fondation Copernic) et politiques (y compris de droite) veulent re-créer un grand service public de l’énergie autour de EDF et GDF. Certains proposent de structurer le capital du groupe autour d’un pôle d’actionnaires publics comprenant la Caisse des dépôts et consignations. Ce pôle public de l’énergie pourra ensuite orchestrer des partenariats sur les énergies renouvelables ou la mutualisation des achats de gaz au niveau européen. Il serait garant d’une réelle stratégie énergétique à long terme et de certaines exigences - justice sociale, préservation de l’environnement - qui n’ont pas toujours été la principale préoccupation des actionnaires privés.


Pour en savoir plus …

Privatisation à la hussarde de Gaz de France – Le Monde Diplomatique, 28 Février 2006

Suez va-t-il avaler Gaz de France ? - Le Monde Diplomatique, 8 Septembre 2006

Fusion Suez-GDF : Non à la Privatisation de Gaz de France